Conseils pour faire des storyboards

Compétences utiles

Pour pouvoir réaliser des storyboards satisfaisants, il faut avoir de bonnes bases en dessin, et principalement connaître et maîtriser les notions suivantes :

  • savoir faire une bonne composition d’image ;
  • connaître le dessin anatomique, afin de représenter de façon correcte les corps humains, et de différentier et caractériser les personnages de façon rapide et synthétique ;
  • connaître les bases de la perspective, qui consiste en représenter le monde qui nous entoure et qui est en trois dimensions sur la surface en deux dimensions qu’est une feuille ; dit autrement, il s’agit de donner l’illusion du volume et de la profondeur dans les dessins.

Pour faire des storyboards, il est conseillé de savoir dessiner vite et de façon précise.

Ces compétences peuvent s’acquérir par la pratique, notamment en s’entraînant à recopier des photos, dessins, ou autres images, tout en cherchant à économiser ses coups de crayon. Un bon exercice pour se faire la main est de se balader avec un carnet à croquis afin de retranscrire le monde environnant. Aussi, il peut être formateur d’adapter des BD en storyboards.

Tester différents outils et techniques permet de s’y familiariser et d’explorer différents types de rendus.

Regarder des storyboards existant, notamment dans le domaine visé, permet de savoir ce qui s’y fait et de se familiariser avec les codes.

Il est utile de bien connaître le domaine pour lequel on souhaite faire des storyboards, notamment le langage technique, et ce afin de pouvoir communiquer avec le reste de l’équipe, et de comprendre leurs demandes et besoins.

Il est conseillé de voir beaucoup de films, notamment les classiques et les dernières sorties. En effet, le storyboardeur ou la storyboardeuse travaille souvent avec des personnes qui feront référence à ces films. De plus, cela permet de se familiariser avec le langage et les codes cinématographiques, et de nourrir ses futurs storyboards.

Enfin, pour faire des storyboards il faut savoir travailler en équipe.

Le style de dessin

Parlons maintenant du style de dessin à adopter. Il s’agit d’adapter son style au type de projet sur lequel on travaille.

De façon générale, le style est net et simple, avec des traits clairs et faciles à comprendre. Il s’agit alors de simplifier les formes. En effet, trop de détails alourdissent l’image, et peuvent nuire à sa lisibilité. C’est une erreur que font souvent les débutants, qui passent trop de temps à fignoler leurs dessins.

Ce style s’acquiert avec de l’entraînement, en pratiquant, pratiquant, pratiquant…

Illustration n°1
Exemple de storyboard – Par Rodrigo Ferrusca – Sous licence CC BY-SA (https://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0) – Source : https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Storyboard_example.jpg
Illustration n°2
Storyboard d’une publicité – Par N8VanDyke – Sous licence CC BY (https://creativecommons.org/licenses/by/3.0) – Source : https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Taco_shell_loofa.jpg

Ensuite, pour adapter son style au domaine visé, il faut regarder ce qui s’y fait.

Enfin, un storyboard est rarement validé dès son premier jet. Celui-ci est d’ailleurs souvent fait très rapidement lors des réunions. Il manque de lisibilité, et servira de support pour le storyboardeur afin de faire une version plus propre, qui sera là encore à valider.

Les documents de travail

La confection du storyboard s’appuie sur des références graphiques. Il s’agit tout simplement d’images qui servent de guide au dessin. Une partie de ces références sont fournies par le client, et permettent de préciser ce à quoi devront ressembler des décors, objets, ambiances… du futur film. Mais aussi, il est utile d’avoir ses propres références visuelles. En effet, un storyboardeur ou une storyboardeuse ne sait pas tout dessiner ! Dans le cas où les choses à représenter lui sont difficiles ou nouvelles, il ou elle doit se baser sur des références visuelles. Ainsi, il est conseillé de récolter et de conserver des images, surtout sur les sujets que l’on a du mal à dessiner. Il est judicieux de les trier afin de les retrouver facilement, par exemple par sujet. Ces images peuvent provenir d’à peu près n’importe où : internet, magasines… et être de nature diverses : photos, dessins… Aussi, on peut s’en créer en prenant soi-même des photos.

Les storyboards de tournage sont souvent réalisés à partir d’un scénario et d’un découpage technique. S’ils existent, ce sont les principaux éléments sur lesquels il faut se baser. Cependant, d’autres éléments peuvent être fournis, à la place ou en complément, et il faudra alors en prendre compte. Parmi eux, on trouve :

  • le plan d’implantation du chef-opérateur ;
  • des schémas de storyboard effectués par le réalisateur ou le chef opérateur ;
  • le pitch ;
  • le synopsis ;
  • le traitement ;
  • dans la publicité, les projets déjà faits par l’agence pour la marque concernée.

De façon générale, il s’agit de récolter le maximum d’informations utiles, afin que le storyboard soit au plus proche du film désiré.

Si un découpage technique n’est pas fourni, on peut le faire soi-même, et s’en servir de base pour notre storyboard. En effet, ce document fragmente déjà l’action en plans, et comporte des informations essentielles sur ces plans. Il constitue ainsi une bonne base de travail pour faire son storyboard.

Découpage technique d’un court-métrage
Par Erthia

Le matériel

Premièrement, les storyboards se font sur du papier A4, car c’est le plus classique, et donc le plus facile à acheter, scanner, imprimer… et par là le plus facile à reproduire et à distribuer, ce qui est crucial pour un storyboard.

Ensuite, les cadres des vignettes doivent être reproductibles aisément et rapidement. Au lieu de perdre du temps à dessiner les cases à la règle, mieux vaut imprimer des modèles vierges de storyboard. On en trouve sur internet, ou on peut les faire soi-même sur un logiciel de graphisme. L’inconvénient de tels templates est que les cases ont déjà une position bien déterminée sur la feuille. Pour être plus libre de leur agencement, par exemple dans le cas de cadrages multiples sur un même dessin, il peut être utile de créer ses propres viseurs en carton. Ainsi, les cases sont facilement reproductibles, et leur placement plus libre.

Je conseille de faire attention à la qualité du carton pour faire ses viseurs ! Pour ma part la combinaison carton de boîte alimentaire + feutre n’a pas donné de bons résultats : mine de feutre abîmée et carton qui s’abîme trop facilement au passage de la pointe…

viseur en carton
Mon viseur en carton, de piètre qualité

Concernant le matériel de dessin, n’importe lequel peut faire l’affaire, tant qu’il satisfait les conditions suivantes :

  • rapidité d’utilisation, et donc sans séchage ou avec un séchage rapide ;
  • facilité de reproduction, c’est-à-dire que le trait doit rester lisible après photocopie.

Un papier et un crayon suffisent. Le crayon est conseillé pour des versions intermédiaires, afin de modifier aisément son travail.

De même, les outils informatiques tels qu’une tablette graphique et un logiciel de graphisme peuvent être utilisés, car satisfaisant les conditions énoncées ci-dessus.

D’autres outils peuvent être utiles au storyboardeur :

  • le papier calque peut servir à décalquer des images de référence ;
  • de même, une table lumineuse permet de décalquer des photos, ou ses propres storyboards afin de les mettre au propre ;
  • un crayon rouge peut s’avérer utile : il disparaît à la photocopie, et permet ainsi de faire une version plus propre directement sur le premier jet, ce qui fait gagner du temps.
Exemple crayon rouge
Exemple d’utilisation du crayon rouge
Storyboard d’un clip musical (jamais réalisé) sur la musique « Honey » de Eddy de Pretto – Par Erthia

Enfin, il existe des logiciels dédiés au storyboarding, qui pré-mâchent le travail. Certains permettent d’en confectionner sans compétence en dessin. Cependant, je n’ai aucune idée de la qualité de ces logiciels.

Selon les logiciels, on y trouve :

  • des visuels prêts à l’emploi pour remplir les vignettes ;
  • l’importation d’images ou d’objets 3D ;
  • le découpage du projet en actes, séquences, scènes, et plans ;
  • la réalisation d’animatiques ;
  • le travail collaboratif ;
  • le lien avec un scénario importé ;

La suite : Conclusion