La conception de notre vidéo

De Erthia, sous licence CC BY-NC 4.0

Dans cet article, je vais vous présenter les premières étapes de création de notre vidéo, qui sont : l’écriture de notre scénario, la confection de notre storyboard et notre réflexion sur l’aspect visuel de l’épisode. Cela nous a permis de développer l’idée de la vidéo, et ainsi d’avoir une base solide pour la suite.

Dans cette série d’articles, je vous décris comment a été produite une vidéo en motion design de vulgarisation du langage informatique Python. Il s’agit du deuxième épisode de la série « Python sans fioriture ». Nous sommes actuellement deux personnes à travailler sur ce projet (sans compter les relecteurs du texte de notre vidéo, que nous remercions).

Notre scénario

Notre épisode est structuré par la voix. Celle-ci explique les notions en s’appuyant parfois sur des éléments visuels. Elle est appelée voix-off car son locuteur n’est pas visible à l’écran. Ainsi notre scénario (script en anglais) comprend essentiellement le texte de la voix, accompagné de quelques indications sur ce qui devra apparaître visuellement.

Lorsque je suis arrivée sur le projet, le script avait déjà été écrit. Mon travail a été de le relire, de suggérer des modifications et de le valider avec mon associé.

Les scripts des épisodes à venir sont tous dans le même document. Les scénarios de chaque épisode sont plus ou moins développés, d’une simple idée à un script voix complet. Cette organisation permet à mon collaborateur de développer les épisodes en ayant une vue d’ensemble de la série, et ainsi de structurer les notions de façon cohérente.

Mon associé a défini les notations suivantes, dont vous pouvez vous inspirer pour ce type de document.

  • Une ligne débutant par un numéro suivi de deux points (3:) indique le script d’un nouvel épisode.
  • Ce qui est entre crochets [comme ceci] sont des indications sur ce qui devra apparaître à l’écran, notamment les titres des parties internes à une vidéo.
  • Le texte entre parenthèses (comme ceci) correspond à des indications destinées au narrateur et qui concernent l’interprétation du texte.

Exemple :

2: LES CALCULATRICES NOUS MENTENT, LA VÉRITÉ DANS CETTE VIDÉO
Bonjour à toutes, bon retour dans cette série pour apprendre à utiliser Python (plus bas) et un peu plus si nécessaire.
Dans ce second épisode, voyons comment remplacer les calculatrices collège et lycée, et pourquoi ces dernières nous mentent.
[squelette dans le placard/soulever le tapis] En plus, nous verrons des points un peu plus poussés que j’ai survolé dans l’épisode précédent, qui est donc un prérequis.
[courbe qui augmente] Attention, la difficulté va augmenter au cours de l’épisode.
Si vous ne comprenez plus ce qu’il se passe, n’hésitez pas à passer au suivant qui sera plus simple, sans regarder le reste de cet épisode.
Vous pourrez toujours revenir sur une section particulière grâce au sommaire dans la description.

[Ecrire les nombres]
Dans l’épisode précédent, j’ai passé sous silence les règles d’écriture des nombres car dans les cas simples elles sont intuitives, mais pour des nombres très grands et très petits, les connaître un peu mieux va nous simplifier la vie.

Extrait du scénario de “Python avec fioritures #2” de ThRASH Codeur, sous licence CC BY 4.0.

  • Ce qui est entre barres verticales |comme ceci| correspond aux liens auxquels la voix fait référence, et qui seront placés en description.

Exemple :

Voici une liste non exhaustive des fonctions et constantes qui peuvent être utiles et leur correspondant mathématique.
[sqrt, pi, e, sin, cos, tan, acos, asin, atan, e, exp, log, log10]
Si vous avez besoin d’autre chose, vous pouvez obtenir la liste complète grâce au lien dans la description. |https://docs.python.org/fr/3/library/math.html|

Extrait du scénario de “Python avec fioritures #2” de ThRASH Codeur, sous licence CC BY 4.0.

  • Ce qui est entre accolades {comme ceci} indique une modification à apporter au document.

Exemple :

Nous pourrions mettre nos calculs dans un fichier texte pour les reprendre quand nous en avons besoin.
En fait les fichiers scripts c’est EXACTEMENT ça.
{continuer l’exemple}
Bien, le fichier script est fait.
Si vous vous souvenez du premier épisode j’ai parlé du mode script de Python…
{la fonction print}

Extrait du scénario de “Python avec fioritures #2” de ThRASH Codeur, sous licence CC BY 4.0.

  • Des points de suspension … seuls sur une ligne indiquent que la partie est à écrire ou à poursuivre.

Exemple :

[Les IDE]
{4. Editeur de code, shell, Ide et fonctionnalités que l’on pourrait vouloir dans IDE}

[Conclusion]

Extrait du scénario de “Python avec fioritures #2” de ThRASH Codeur, sous licence CC BY 4.0.

Lorsque j’ai commencé à travailler sur la vidéo, le scénario de l’épisode avait déjà été écrit et relu par des non-spécialistes du sujet traité. Par la suite, il a été relu par un enseignant-chercheur en informatique, et mon associé a alors modifié le document en fonction de ses retours.

Faire relire son scénario est un bon moyen d’avoir des critiques constructives afin d’améliorer son travail, et de détecter des erreurs au niveau de la forme ou du fond grâce au recul qu’a le relecteur.

Afin d’uniformiser le style, il est utile de fixer des règles d’écriture. Cela vaut pour un travail en solo, et c’est d’autant plus vrai lorsque plusieurs personnes travaillent sur le même document. Mon associé suivait trois règles lors de l’écriture du scénario, auxquelles je devais me conformer lorsque je le modifiais :

  • éviter le “on”, utiliser soit le “nous” soit des tournures impersonnelles ;
  • préférer le terme “épisode” au terme “vidéo” ;
  • utiliser “vous” pour désigner le public.

Pour ses relecteurs, mon associé a mis le script sur un document consultable en ligne plutôt que de leur donner un fichier. Ainsi, le scénario est sur un PAD, plus particulièrement celui d’Outils Libres Colibris. Un PAD est un traitement de texte basique collaboratif en ligne, qui permet de travailler à plusieurs sur un même document de façon simple. Il est modifiable directement par tous ceux qui en ont le lien, et les modifications sont sauvegardées en temps réel, ainsi chacun voit la version la plus récente du document. Les utilisateurs ont aussi accès à l’historique des modifications.

Capture d’écran d’un PAD d’Outils Libres Colibris
Capture d’écran d’un PAD d’Outils Libres Colibris. Extrait du scénario de “Python avec fioritures #2” de ThRASH Codeur, sous licence CC BY 4.0.

Ce scénario a été par la suite adapté par mon associé dans un document à part, afin d’en faciliter la lecture lors de l’enregistrement de sa voix.

Ce script est la base narrative de notre vidéo. Elle détaille la voix, qui décrit le déroulé de l’épisode. Nous avons établi notre storyboard à partir du scénario.

Notre storyboard

Le storyboard est une sorte de bande dessinée qui décrit visuellement le déroulé de la future vidéo. Pour en savoir plus sur ce qu’est un storyboard, vous pouvez lire la page Un storyboard, c’est quoi au juste ? appartenant à une section du site traitant du storyboarding.

Storyboard
Storyboard d’une pub (non réalisée). De N8VanDyke, sous licence CC BY 3.0. Source : https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Taco_shell_loofa.jpg.

En proposant d’établir un storyboard, mon objectif était de décider de ce qui va apparaître à l’écran et à quel moment, et de valider l’enchaînement des plans. Je ne souhaitais pas un document très détaillé en terme d’animation des éléments ou de leur esthétique. Je voulais un storyboard schématique, afin d’avoir une ébauche de la composition de chaque plan et d’être exhaustifs concernant la nature des éléments qui allaient apparaître.

Extrait du storyboard de “Python avec fioritures #2”
Extrait du storyboard de “Python avec fioritures #2” de ThRASH Codeur, sous licence CC BY 4.0. Capture d’écran d’un document collaboratif Google Slides.
Extrait du storyboard de “Python avec fioritures #2”
Extrait du storyboard de “Python avec fioritures #2” de ThRASH Codeur, sous licence CC BY 4.0. Capture d’écran d’un document collaboratif Google Slides.
Extrait du storyboard de “Python avec fioritures #2”
Extrait du storyboard de “Python avec fioritures #2” de ThRASH Codeur, sous licence CC BY 4.0. Capture d’écran d’un document collaboratif Google Slides.

Notre storyboard final comporte 84 vignettes, et la vidéo devrait durer entre 10 et 15 minutes à priori.

Pour le choix de notre outil, mon collaborateur et moi avions la contrainte du travail à distance. J’ai fait peu de storyboards, toujours sur papier, et si à plusieurs en présentiel autour d’une feuille. Il nous fallait donc un logiciel en ligne qui nous permette de travailler simultanément sur le même document, et qui soit facile à prendre en main. Étant donné que je souhaitais quelque chose de plutôt schématique, j’ai décidé de détourner un outil que je connaissais déjà et que mon collaborateur allait pouvoir utiliser sans difficulté : Googles Slides. Il s’agit d’un créateur de diapositives, similaire à Microsoft PowerPoint et LibreOffice Impress mais en ligne et collaboratif. Avec ce logiciel, nous avons réussi à faire le type de storyboard que je souhaitais sans trop de mal, mais si je travaille à nouveau dans des conditions similaires j’irai voir si des solutions plus adaptées existent.

Capture d’écran d’un document collaboratif Google Slides
Capture d’écran d’un document collaboratif Google Slides. Extrait du storyboard de “Python avec fioritures #2” de ThRASH Codeur, sous licence CC BY 4.0.

L’aspect visuel de notre vidéo

En parallèle de la confection du storyboard et de la relecture du script, nous avons pris des choix concernant l’esthétique visuelle que nous souhaitions adopter pour la suite de la série, et que nous voulions différente de celle du premier épisode. C’est essentiellement moi qui ai travaillé sur cet aspect, en consultant mon associé pour avoir son avis.

Nos premières idées

Dans un premier temps, je voulais me faire une idée de ce souhaitait visuellement mon collaborateur, voir comment il envisageait la chose.

J’ai abordé le sujet dès notre première réunion : il a alors mentionné la chaîne YouTube horizon-gull et a fait référence à “la propreté” de leurs vidéos et à leurs animations.

Il a aussi dit qu’il souhaitait des images de type “clip art” ou d’un style similaire pour les illustrations. Le clipart correspond, d’après le dictionnaire Larousse en ligne, à une “Collection d’images numériques ou de dessins prêts à être insérés dans des documents multimédias1”, ou encore d’après Wikipédia, à “un petit dessin ou un symbole prêt à l’emploi permettant l’illustration des documents […] Ils sont de différentes tailles et de différentes formes […] Les bibliothèques de clip arts sont en général librement utilisables.2

Quelques images clipart :

Il m’a indiqué le site Openclipart, qui met à disposition des images de ce type. Elles sont toutes dans le domaine public, et par la suite j’ai largement utilisé cette plateforme.

Aussi, il souhaitait utiliser au minimum les images en prise de vue réelle, et y recourir uniquement si leur objet est cité en référence (par exemple, dans le premier épisode, la célèbre réplique “Et oui Jamy” à but humoristique est illustrée par une brève apparition d’une photo de Jamy).

De plus il m’a indiqué une police bien spécifique pour écrire les expressions mathématiques, “Latin Modern math”, qui de ses dires est la meilleure police pour rédiger des maths.

Le benchmark ou “Mais que font les autres ?”

Ensuite, j’ai cherché d’autres références qu’horizon-gull. J’ai été voir du côté des vidéos de vulgarisation en motion design disponibles sur la plateforme YouTube, qui est notre plateforme cible.

Cette démarche a pour but de faire le point sur ce qui existe déjà, de voir ce qui fonctionne et ce qui fonctionne moins, et de dégager ce qui nous plairait ou pas pour notre future vidéo. Il s’agit de ne pas réinventer la roue et de trouver de l’inspiration.

Cette recherche a constitué la base d’une discussion qui nous a permis d’affiner ce que nous souhaitions visuellement pour la vidéo. Ainsi, nous avons décidé entre autres :

  • d’utiliser des fonds animés ;
  • ou encore pour les illustrations de privilégier des images de style flat, réalistes mais peu détaillées, et d’éviter les silhouettes.

Les couleurs

Ensuite, j’ai établi une palette des couleurs à utiliser dans notre future vidéo. Pour ce faire je me suis aidée du site https://coolors.co/, qui permet de générer des palettes de couleurs.

Puis j’ai soumis six combinaisons à mon collaborateur, et à l’issue de notre discussion deux en sont ressorties. J’ai effectué le choix final.

Palette de couleurs retenue
Palette de couleurs retenue. De Erthia, sous licence CC BY-NC 4.0.
Palette de couleurs envisagée
Palette de couleurs envisagée. De Erthia, sous licence CC BY-NC 4.0.

Les polices d’écriture

J’ai aussi choisi les polices d’écriture à utiliser dans la vidéo, qui ont été validées par mon associé.

Les typographies présentes dans votre logiciel de création sont un bon point de départ et peuvent tout à fait suffire, mais vous pouvez aussi en trouver sur internet et aisément les installer. Le site Google Fonts constitue une bonne bibliothèque pour explorer de nouvelles polices, son filtre de recherche est plutôt pratique.

Test de typographies
Test de typographies. De Erthia, sous licence CC BY-NC 4.0.
Typographies choisies, première version
Typographies choisies, première version. De Erthia, sous licence CC BY-NC 4.0.

Au cours du projet, j’ai légèrement modifié ce choix, et ce pour des questions de lisibilité. Le fond de notre vidéo n’est pas uni, ce qui rend les typographies trop fines plus difficiles à lire. Les polices Roboto Light et Latin Modern Mono Light, qui ont trop peu de graisse, ont donc été substituées par leurs équivalents plus épais, et en conséquence les titres internes se sont aussi épaissis.

Typographies choisies, seconde version
Typographies choisies, seconde version. De Erthia, sous licence CC BY-NC 4.0.

Conclusion

Une fois le script validé, le storyboard établi et l’aspect visuel voulu précisé, nous avions une bonne base pour passer à la réalisation de notre épisode : enregistrement de la voix, recherche et fabrication des illustrations, animation…

Cet article explique comment est réalisée la vidéo « LES CALCULATRICES NOUS MENTENT, LA VÉRITÉ DANS CETTE VIDÉO », qui est le deuxième épisode de la série « Python sans fioriture ».

Si vous voulez voir la vidéo une fois finie, elle sera disponible sur la chaîne YouTube ThRASH Codeur, alors n’hésitez pas à vous y abonner !


1 ÉDITIONS LAROUSSE, clipart [en ligne], dans le dictionnaire de langue française du site LAROUSSE. Disponible sur : https://www.larousse.fr/dictionnaires/francais/clipart/16577?q=clipart#692902 (page consultée le 12 août 2020).

2 Contributeurs à Wikipedia, Clip art [en ligne], dans Wikipédia, l’encyclopédie libre, le 23 janvier 2020. Disponible sur : https://fr.wikipedia.org/wiki/Clip_art (page consultée le 12 août 2020).